Je propose un thème : le besoin de respect, de droit à l’existence et de reconnaissance des jeunes d’aujourd’hui - en particulier les plus défavorisés socialement, ou les plus fragiles dans leur identité - et, en guise d’amorce, un fait divers que j’ai entendu de la bouche d’un psychanalyste : l’un des premiers taggeurs - aujourd’hui célèbre pour ses dessins - le serait devenu parce qu’il a surpris un jour, sans être vu, la conversation de ses parents évoquant le fait qu’il était, sans le savoir, un enfant adopté. Fuyant devant cette révélation brutale, il aurait alors taggé toute la surface d’un train avec son nom - ou plutôt le nom qu’il s’est donné ce jour-là - afin que le train, en traversant le pays, proclame partout son identité nouvelle, puisqu’il était devenu un autre... Je voudrais partir de cette histoire ou d’une autre situation comparable (un adolescent qui se sent brutalement nié ou trahi dans son identité, ou ses goûts fondamentaux, en entendant, de la part de ses parents, ou de l’un de ses maîtres, par exemple, ou d’un(e) ami(e), une petite phrase qui change sa vie, et lui révèle une faille dans son identité et son rapport aux autres, ou une souffrance enfouie). Ces « petites phrases » seront choisies avec les élèves, après discussion sur la thématique.
 Je proposerai ensuite aux élèves d’écrire à partir de là, soit un monologue-poème en prose (de l’adolescent), soit un dialogue à deux (l’adolescent - un(e) ami(e)) ou à trois (l’adolescent - ses parents), en s’inspirant formellement (s’ils le souhaitent), pour le monologue, d’un fragment de Manque de Sarah Kane, et pour le dialogue du début de C’est beau de Nathalie Sarraute.